Avoir la grâce
Avoir la grâce fait que l’on est habité par notre quête. Quoi que l’on vive, elle est notre but. Elle est notre aspiration constante. Rien d’autre ne compte autant et ne peut la remplacer. Il ne s’agit pas de zèle ou de volontarisme. C’est davantage comme l’effet d’une passion. Si auparavant, nous ne savions pas vraiment comment progresser et nous investir, nous n’avons plus d’incertitude. Nous ne souhaitons plus dévier de notre trajectoire.
À ce stade, comme l’évoque un dicton, nous ne portons plus le chemin, c’est lui qui nous porte. Nous sommes prêts à le devenir. Il nous faut parfois du temps pour comprendre et voir clairement la vanité de l’illusion. Tout le monde vit selon ses principes et ses valeurs. Alors, le fait d’y participer semble normal et sans désaccord apparent. Cependant, cela équivaut à repartir à contresens.
C’est dans cette inflexion que toute notre recherche est mise à mal. Se libérer du jeu, ce n’est pas continuer d’y participer. Notre participation ne s’exprime pas tant par nos actions que par l’implication et l’intérêt que nous y portons. La duplicité reste le pivot de l’illusion. Si l’on y regarde bien, tout l’enjeu de la libération se concentre ici. Encore, elle achoppe par l’idée miroitante de substituer notre propre vérité à la Vérité.
Celui qui ne se raconte plus d’histoire ne mêle plus, ne confond plus sa vérité avec la Vérité. Son honnêteté éclipse toute dualité et l’illusion d’un “choix”. Ce faisant, il ne sacrifie pas sa capacité de choisir, mais seulement sa croyance en une alternative, une possibilité qui n’existe pas.
Renoncer à l’illusion n’entraîne que l’illusion d’une perte. Il est important de reconnaître que celle-ci est vide. C’est de cette certitude que dépendent notre détermination et notre engagement total pour la Vérité.









