Recevoir la Présence
La Présence est un don. Nous n’avons pas à la faire, seulement à la recevoir. C’est comme en nous le mouvement de notre respiration qui s’actualise de lui-même.
De façon différente, la Présence n’est pas un mouvement ; elle est une continuité. Elle est “cela” qui perdure alors que tout passe. Nos pensées, nos paroles, nos états, nos actions s’épuisent, cependant, elle, elle ne s’épuise pas.
À l’image de l’espace, elle est l’Ouverture initiale et infinie au sein de laquelle la vie s’actualise. Elle est comme un contenant dans lequel toutes les manifestations surgissent, demeurent un temps, puis disparaissent.
La Présence est inconditionnelle. Quand bien même nous ne l’identifions pas, elle est là. Elle est la toile de fond spontanée. Aussi, rien n’est exigé de notre part. Elle n’est pas à gagner, à mériter, ni à obtenir.
Elle n’est pas un résultat, un état que nous élaborons et qu’il nous faut maintenir. Étant absolue, sans exception, elle les contient tous. Que nous soyons dans l’échec, la réussite, dans l’excitation ou l’apathie, la joie ou la peine, cela n’affecte en rien sa permanence.
Pour nous, il s’agit de regarder l’Esprit même comme s’il s’agissait d’un immense miroir. Voyez sa qualité miroitante… Il est continuellement réfléchissant. Quoi qu’on lui présente, elle ne varie pas. Elle est comme une lumière stable et éternelle.
Nous-mêmes faisons partie du miroir. Toutefois, à cause de l’illusion de la dualité, nous l’abordons comme un “autre”, comme séparé et différent de nous. Il ne s’agit que d’une perception. Aussi, contempler le miroir ne vise pas à nous en rapprocher, mais à nous libérer de notre “idée de différence”.
S’il nous arrive d’oublier la Présence, elle, elle ne nous oublie pas ! De même que, s’il nous arrive d’oublier sa clarté autolibératrice, celle-ci ne s’arrête pas. Ça n’a toujours été qu’en pensée que nous nous sommes illusionnés. Une fois réveillés, nous en comprenons toute l’irréalité, toute la subjectivité.
La Présence, comme le silence, comme l’immobilité, représente la condition par défaut qui naturellement se rétablit d’elle-même. Ce n’est pas nous qui la portons, mais c’est elle qui nous porte. Il nous suffit de l’accueillir pour qu’elle réapparaisse, vu qu’elle ne s’est jamais interrompue.









